Au commencement était le web.

Alain Gerlache

Journaliste RTBF Web, Médias, Communication. #médiaTIC (La Première) #Média21 (Classic21) -

Secrétaire-général de la CTF (Télévisions francophones publiques de France, Canada-Québec, Suisse, Belgique)

Maître de Conférences à ULg Liège et UCLMons
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La Ville de New York a décidé de régir contre les faux avis de consommateurs qui recommandent ou dénigrent des établissements contre paiement. Les sites où le public peut donner son avis sur des restaurants, des hôtels ou tout type d’établissement commercial ont de plus en plus de succès. Ce sont des sites spécialisés comme Yelp, CitySearch ou TripAdvisor. Les grands groupes comme Google ou Yahoo et les réseaux sociaux ne sont pas en reste. C’est une vraie nouveauté dans l’histoire du consumérisme. Avantage : ces conseils sont le plus souvent gratuits.

Selon le New York Times, le phénomène est en pleine extension. Il concerne maintenant aussi le secteur médical, les dentistes, les hôpitaux, et les professions libérales comme les avocats.  Et ça marche! Une étude réalisée par la Business School de Harvard en 2011 a démontré que lorsqu’un restaurant gagne une étoile sur Yelp, son chiffre d’affaire augmente de 5 à 9 pourcent.

La tentation de publier de faux avis sur ces sites est donc grande.Et on n’en est plus au beau-frère ou à la copine du fiston qui poste sa recommandation ni vu ni connu. Le processus est devenu industriel. Des sociétés basées en Europe de l’Est, aux Philippines ou au Bangla Desh produisent des commentaires à la chaine. Soit pour vanter un établissement, soit pour dénigrer un concurrent.

Avec l’expérience et le savoir-faire de ces faussaires d’un nouveau type, ces faux avis sont devenus très difficiles à déceler. Le New York Times cite l’exemple d’un commerce de Brooklyn qui s’est retrouvé ainsi au bord de la faillite.

D’où la réaction très ferme des autorités judicaires de New York.19 établissements viennent de se voir infliger des amendes qui se montent au total à 260 mille euros.  On y trouve notamment un blanchisseur de dents, un service de cars, une chaine d’épilation par laser, et même un sex-club !

Pour le Procureur général de New York, ces pratiques sont encore plus pernicieuses que la publicité mensongère. Les gens ont en effet tendance à croire que ses avis sont rédigés de bonne foi alors qu’avec la pub, il sont toujours un peu sur leurs gardes.

De leur côté, les sites internet concernés se sont aussi joints à la cause. C’est leur image qui est menacée, et ils n’ont aucun intérêt à voir leur crédibilité battue en brèche.

Pas question donc de tenter de freiner le mouvement vers davantage de partage d’informations entre consommateurs. On ne reviendra pas en arrière. Mais ici comme ailleurs, l’objectif c’est de contrer les inévitables dérives qu’entraine toute évolution technologique.

24.09.13 Retrouvez médiaTIC à tout moment sur SoundCloud et dans Matin Première (RTBF) du lundi au vendredi à 08:25. Vous pouvez collaborer et réagir à cette rubrique ici-même et via Twitter, Google+ et Facebook. Plus d’infos à découvrir sur MédiaTIC+

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  1. alaingerlache a publié ce billet